Rêve 1, Réalité 0

Traum : Philip K. Dick, le martyr onirique (Le Feu Sacré)


On peut lire le premier essai d’Aurélien Lemant, Traum : Philip K. Dick, le martyr onirique, de deux façons : d’abord comme l’équivalent littéraire d’une série B planante, voire d’un de ces long métrages hollywoodiens (Inception, Dark City, Matrix) évoqués dans le texte  – un de ces films brodant autour d’un constat imaginaire juste assez plausible pour titiller le paranoïaque qui sommeille en chacun de nous : le monde est un rêve, nous le vivons endormis, le monde se transforme chaque nuit sans que nous ne le sachions, etc.  Lu de cette façon, l’ouvrage se présente comme un délire poétique halluciné, liant l’œuvre dickienne à une armada hétéroclite de références culturelles : les Beatles, Charles Manson, Wikipedia, Dali, Van Gogh, Orson Welles, Terry Gilliam, Michel Houellebecq ou le comics Sandman sont tous invoqués pour défendre la thèse principale, thèse qui, si l’on daigne la prendre au sérieux, constituera la deuxième grille de lecture possible : cet ouvrage n’a rien d’une série B psychédélique, notre existence est un rêve, ou tout du moins il existe un autre monde, caché derrière le tyrannique voile de la réalité. Dans ce cas, cet essai, ainsi que l’œuvre entière de K.Dick dont il propose un modeste survol (« modeste » en comparaison d’autres ouvrages, dont le fabuleux Je suis vivant et vous êtes morts de Carrère), préfigurerait une nouvelle ère pour l’humanité, dans laquelle le monde des rêves sera exploré non pas comme un tour de passe-passe de l’âme, mais comme un véritable sixième continent où se trament des enjeux cruciaux pour notre existence consciente.

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